La prophétie du Dà (19)

Jeudi, février 25th, 2010

Comme promis… x)

(oubliez pas de lire le chapitre 18 chez Vanou !!!!)

-XIX-

Il faisait nuit mais l’ont voyait comme en plein jour. Il n’y avait ni étoiles ni lune mais la lumière était extrêmement vive. Elle émanait de tout les corps en mouvement. Parfois jaune, parfois violette. Mais aussi orange, rouge, verte… Les corps se choquaient, se rentraient dedans avec une force spectaculaire. Certains restaient au sol, sans vie… Mais d’autre se relevaient et repartaient à l’assaut. On entendait des cris, des rugissements, des gémissements… Sorciers et exorcistes contre démons. Bien contre mal… Manichéisme en action.

Quelque part dans le combat, une tête argentée donnait du fil à retordre à deux monstres humanoïdes. Dans la main de l’humain, une longue épée miroitait d’une étrange lueur orange. De la même couleur que son œil droit révulsé. Un sourire narquois et des muscles saillants. Tee-shirt en lambeau, un drôle de tatouage en forme de dragon autour de son nombril.

Peu après le début de la bataille, quelques heures après qu’exorcistes et sorciers n’aient élaboré un plan d’attaque, Vavila était déjà prit dans la fièvre du combat. Mut par l’étrange cauchemar qu’il avait fait quelques heures auparavant, une rage incommensurable s’était emparée de ses entrailles et c’était sans s’en rendre véritablement compte que son corps avait fusionné avec celui de son équivoque. Comme le soir de la première bataille. Lorsqu’il avait découvert que Jihao et Nazar n’étaient qu’une seule et même personne.

Le démon et le jeune homme avaient fusionné pour ne devenir qu’un corps agile et rapide. Fort. Puissant.

L’épée orange pourfendait l’air et repoussait ses adversaires avec force. Les deux démons qui s’en était prit à l’élu se retrouvèrent rapidement au sol, gisant dans leur sang d’une étrange couleur jaune. L’unique corps pour deux âmes avançait toujours plus, se dirigeant vers l’unique lumière bleue qui miroitait à une centaine de mètre d’eux.

Nazar voletait au dessus du combat, évitant les sortilèges qu’on lui lançait, soulevant de temps en temps son bandeau et faisant tomber quelques corps… L’élu avançait toujours plus vers lui, tuant tout êtres se dressant sur son passage, une rage incommensurable imprimée sur le visage. Des larmes de colère glissant sur ses joues…

Vavila était méconnaissable, écrasant tout sur son passage. Sa lame décapitait sans remord et sans remise en question les êtres putrides qui avaient osés poser leurs griffes sur la terre sacrée des humains. De fines décharges électriques provenant du pommeau alimentaient la lame émettant de petits grésillements sonores de plus en plus forts lors qu’elle transperçait un corps. Vavila s’arrêta un instant regardant autour de lui tous cette foule en train de se massacrer, tout était désormais une question de survie pour l’humanité. Il fixa l’épée qu’il tenait entre ses mains et ses yeux brillèrent un peu plus. Il se sentait incroyablement fort presque invincible, s’en était effrayant. Il n’était plus lui. Il était l’élu, la personne choisie pour tuer Nazar. Ses yeux rageurs se levèrent vers le démon. De la haine, de l’écœurement s’affichait sur son visage. Il repensait à Yuntsaï à Ameï et… Héloas. Ce monstre avait tué pour ainsi dire sa mère adoptive. Il ne lui pardonnerait jamais cet acte. Hors de question. Il avait tué un des êtres qui lui était le plus cher, sa famille !

Dans un cri, il se mit à courir vers Nazar qui venait de se poser à terre, laissant tournoyer autour de lui un nuage de poussière. Son épée tenue par ses deux mains dont les articulations des doigts devenaient blanches. Mais une immense boule électrique percuta le jeune exorciste qui se retrouva projeté sur le côté embarquant démon et sorciers qui étaient sur son passage. Vavila resta un instant à terre, laissant de la fumée émaner de son corps puis se releva avec difficulté. La pointe de son épée grinça sur le sol et son regard suif et feu se posa sur le salopard qui l’avait poussé. Un démon se tenait à quelque mètres de lui. Un être torse nu au corps d’humain, et aux cornes de bélier affichait un grand sourire. Ce dernier tira sur ses gants noirs tout en ricanant les remettants correctement en place puis fit une révérence.

-Désolé que nous nous rencontrons pour la première fois de cette manière jeune homme. Ou devrais-je dire l’élu.

Le démon se redressa et fit craquer les articulations de ses doigts et de sa nuque.

- Permettez-moi de me présenter. Général Bãstao et bras droit de Nazar.

Vavila le toisa de la tête au pied, laissant ses pieds s’enfoncer profondément dans le sol où quelques craquelures commençaient à se former.

-Barre-toi de mon chemin, enflure ! cracha le jeune homme

-Hoho, on est bien féroce… Sous ces airs de jeune puceau !

Bãstao avait lestement sauté près de Vavila et s’était emparé de son menton, détaillant son visage sous tous les angles.

-Peu ! Tu n’es pas aussi beau qu’on le prétendait !

-Ah oui ? Et alors ?! pesta Vavila tout en s’emparant de la main étrangère et commençant à la tordre

Le visage de bouc du démon grimaça mais l’instant d’après, Vavila se retrouvait projeté à plusieurs mètres de là, plaquant à terre un démon à tête de lion.

-Enflure !

Le jeune homme se redressa aussi vite qu’il était tombé et se précipita vers Bãstao épée à la main. Ce qu’il n’avait pas prévu c’était de ce faire intercepter par quelque chose qui avait saisit son col pour le dresser dans les airs.

-Alors mon petit Vavila, on s’amuse bien ?

-Nazar ! hurla Vavila tout en se débattant, essayant de donner des coups d’épée au démon qui l’avait soulevé à plusieurs mètres du sol, volant avec lui au dessus de la bataille

-Regarde ça Vavila… N’est-ce pas magnifique ? Tous ces corps en ébullition, se battant corps et âme ?!

-Lâche-moi enfoiré !

-Oh mais tout de suite mon cher !

Ni une ni deux, Vavila se retrouva le cul par terre au milieu d’un nuage de poussière teinté de sang. Une grimace de rage se dessina sur ses lèvres et lentement ses deux jambes se redressèrent laissant résonner un bruit lourd sur le sol. La terre se mit légèrement à trembler, ses yeux fixant le démon dans les airs se révulsèrent un instant. Sans prendre le temps de réfléchir le jeune homme se mit à courir laissant derrière lui son épée faire des étincelles sur le court. En un bond, il sauta sur l’épaule d’un démon le propulsant dans les airs mais à nouveau une boule électrique l’heurta, l’éjectant un peu plus dans les airs. Son corps se crispa puis tomba soudainement dans le vide tel un oiseau blessé. Les yeux grand ouverts, voyant le sol s’approcher à toute vitesse, Vavila se mit à hurler de rage et s’explosa à terre. Une sorte de cratère se forma autour de son corps inerte.

Lentement Bastão s’approcha du jeune homme et alla s’accroupir auprès de ce dernier.

-Pauvre enfant… je vais essayer d’être clair. Toute personne qui s’attaquera à Nazar aura à faire à moi.

Vavila se mit légèrement à tousser et laissa une giclée de sang sortir de sa bouche. Bastão soupira puis se redressa et alla écraser de son pied droit le visage du jeune homme dans la terre.

-Voilà où est ta place. Sous cette terre.

Il se mit à rire tout en regardant cette bataille qui ne semblait ne pas prendre fin. De nombreux corps s’étendaient à perte de vue se mêlant à des hurlements. Quand un corps tombait à terre aussitôt quelqu’un semblait apparaître comme si des clones envahissaient cette terre de sang. Combien y avait-il de morts ? Combien de survivants, combien avaient encore la force de continuer cette bataille ?

Bastão Attrapa le corps inerte de Vavila par les cheveux et le fit se lever l’obligeant à regarder les siens mourir.

-Regarde ce spectacle. Ceci est la dernière chose que tu verras avant de mourir.

Bastão s’approcha du visage de l’élu et alla lécher une plaie de ce dernier se délectant de ce sang chaud et bouillant.

-Tu vas bientôt retrouver ta tutrice tous comme tes amis les sorciers.

Vavila se remit à tousser laissant un fin filet de sang couler le long de ses lèvres. Ses mains se mirent à trembler sous une étrange pression et son épée tomba à terre. Renel, qui regardait la scène, vit l’objet tomber au sol tout en faisant de grands yeux. L’élu fixait cette scène de guerre les larmes aux yeux se sentant complètement impuissant et inutile. Le bruit se tue autour de lui alors que Renel lui hurlait quelques mots. Seules les lèvres de l’autre exorciste bougeaient mais aucun son ne venait aux oreilles de Vavila qui semblait avoir abandonné la bataille.

- Finissons-en. Dit calmement Bastão qui attrapa Vavila par le cou.

Un sourire sadique s’était affiché sur son visage et un rire lui échappa alors que l’élu n’avait aucune réaction.

-Tu es pitoyable mon pauvre Vavila…

Les yeux vairons de Vavila fixaient de manière inerte le général qui lui serait de plus en plus le cou. Quand une voix résonna dans sa tête.

Vavila !!!. Ai confiance en toi !!! Pense à tous ceux qui sont morts pour toi pour nous !!! Pense à Amei ! Pense à ceux qui t’aiment et veulent vivre !!! J’ai confiance en toi !!! Tu peux y arriver !!!

Vavila regarda du coin de l’œil l’épée à terre et la voix de Siméon résonnait encore et toujours dans sa tête. D’un simple réflexe il attrapa Bastão par le cou tout comme faisait ce dernier et une lueur de confiance brilla au fond de ses yeux.

-Tu as raison mettons fin à vos délires de démon.

Les deux individus se retrouvaient désormais dans la même position. Yeux dans les yeux, le visage ferme et une envie de meurtre les envahissaient. Des décharges électriques crépirent au niveau de leur pied alors que leurs mains se serraient de plus en plus autour des cous.

Le visage de Vavila devenait de plus en plus rouge sous le manque de souffle quand l’image de lui en train d’étrangler Yuntsaï lui revint à l’esprit. Ni une ni deux une boule électrique enveloppa Bastão et Vavila et finit par exploser projetant violement les deux individus. Un blast se forma baillant des centaines de démons ou sorciers sur son passage tel un ouragan. Le jeune homme se retrouva à nouveau à terre le corps remplit de spasme alors que le général Bastão était mis à KO ayant perdu quelques membres.

Vavila ne cessait de baver et ses yeux se révulsaient à une vitesse infernale. Renel qui se retrouvait sous une épaisse couche de poussière se releva et se précipita vers le jeune homme. Mais des décharges électriques surgissaient du corps de Vavila l’empêchant de s’approcher de ce dernier.

-Vavila !!!

Le corps tremblant Vavila tourna la tête vers Renel.

-J’en peux plus…

Un flux de lumière émergea de son corps et Siméon apparu à ses côtés.

Grand, fort, nu. Siméon venait d’apparaître dans toute sa splendeur alors que depuis le début de la bataille, il était reclus tout au fond de Vavila, comme la source de sa force… Jetant un rapide regard au jeune homme étalé au sol. Il n’avait pas le temps pour un mot doux… Vavila s’était déjà évanouit.

Ramassant l’épée synonyme de leurs âmes jointes, elle disparue dans un souffle poussiéreux alors qu’il la tendait vers le ciel. L’instant d’après, un gigantesque dragon couleur orage s’élançait dans les airs droit sur l’immense bête ailée couleur nuit. Vavila redressa juste à ce moment là, témoin de l’ultime bataille qui confronta Siméon et Nazar.

Pantelant, les muscles tous plus douloureux les uns que les autres, Vavila réussit à se redresser, Renel accourant pour le soutenir. Dans ses yeux vairons, on pouvait lire toute la peur, toute l’angoisse et en même temps toute l’admiration et l’amour qu’il éprouvait pour le démon. Sur ses lèvres pâles où coulait un filet de sang, on pouvait lire les mots « fais attention ». Le métis avait lui aussi les yeux rivés au ciel, tous les sens en alerte. Autour d’eux, tous avaient arrêté la bataille.

Quelque part plus loin au nord, le corps inanimé du grand général gisait au sol dans une marre de sang, sans vie.

L’aube commençait à pointer à l’horizon, les pâles rayons du soleil éclairaient la sanglante scène. Dans les cieux, Nazar et Siméon faisait pleuvoir une pluie de gouttelettes de sang. En tombant, ces dernières rongeaient le sol comme une pluie d’acide. Mais personne ne fut touché, bien à l’écart de la bataille, presque tous rassemblés sur la haute colline qui leur permettaient de ne pas trop lever la tête…

Le soleil apparut enfin, rond, rouge, comme la couleur de la terre… Le démon bleu faisait part d’un extrême fair-play. Il n’avait pas retiré son bandeau… Mais l’immense dragon commençait à fatiguer. Il l’était depuis le début mais à présent, ça se ressentait encore plus.

Du sang coulait d’une large blessure au torse. Blessure qui n’avait pas l’air de dater du jour même… Les deux démons se battaient avec frénésie, leurs expressions faciales n’avaient rien de calme. Même la gueule du dragon paraissait crispée, tendue à l’extrême… Bien plus maintenant alors qu’il semblait vaciller de plus en plus, s’épuiser… Une lueur naquit alors dans les yeux de Nazar et au sol, une expression terrifiée vînt prendre place sur le visage blafard de Vavila.

Puis ce fut le coup final. Un rugissement scinda la foule mais ça n’était pas celui de l’immense créature tombant au sol. C’était celui du démon bleu à qui le dragon venait d’arracher un bras avant d’entamer sa dernière chute.

Dans les rangs des vivants, une clameur se répandit.

- C’est la fin !

- Siméon est mort !

- Nazar va y passer aussi !

- Non ! Regardez ! Il remonte !

- Ses yeux, ses yeux !!!

Une lumière inonda la pleine. Une lueur ocre, aveuglante… Seuls ceux qui s’aventuraient à garder les yeux ouverts en furent témoin avant de tomber au sol, raides morts.

En bas de la colline, deux jeunes hommes se serraient l’un contre l’autre, les yeux fermés, les muscles crispés… Jusqu’à ce que la lumière se tarissent, que le démon bleu se pose au sol et que le garçon aux cheveux argentés pousse le métis et se mette à courir.

- Siméoooooooooooooooooooooooooon ! hurla-t-il

Sans prêter un seul regard au montre bleu qui se tenait l’épaule en sang, son bras gisant au sol, le garçon se précipita vers l’autre démon qui avait reprit sa forme humaine.

- Siméon ! Siméon ! continuait-il de crier Relève-toi Siméon, nan, ne meurt pas, t’as pas le droit !

S’étant jeter à genoux près de l’homme à la peau ocre, il avait commencé par le secouer dans tous les sens avant d’encadrer son visage de ses fines mains. Aucun souffle ne sortait de sa bouche, aucun pouls à son cou. De grosses larmes se mirent à rigoler sur son beau visage barbouillé de terre.

Le silence était revenu sur la plaine ensanglantée. Petit à petit, démons, exorcistes et sorciers s’avancèrent pour se rassembler en un large cercle entourant la scène. Les regards étaient soit posés sur Vavila et Siméon, soit sur Nazar qui se tenait toujours l’épaule. Aussi étrange que cela puisse paraître, il n’y avait plus aucune aura d’animosité. Jusqu’à ce que l’homme allongé au sol se mette soudainement à rayonner, propageant sa lueur dans le corps de Vavila penché au dessus de son visage, ses lèvres collées aux siennes.

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